Des compositeurs comme d'India, Cazzati, Carissimi, Monteverdi les ont traitées avec bonheur. Profitant des acoustiques exceptionnelles des églises, les compositeurs vont multiplier les exemples de réponses, d'échos, de spatialisation. Plus encore que le répertoire à voix seule, celui des duos d'église et de chambre, apporte aux interprètes le plaisir d'un art qui combine verticalité et horizontalité, les voix se répondant, s'enrichissant mutuellement, en donnant l'illusion de la parfaite imitation, autant de couleurs que peut prendre le mot "baroque".
En choisissant d'interpréter ces oeuvres au sein de l'ensemble A doi tenori, Bruno Boterf et Gilles Ragon réalisent un de leurs rêves de chanteurs, à savoir profiter de leur amitié et de leur complicité pour aborder des pages parmi les plus belles du répertoire, dans lesquelles les aspects monodiques et polyphoniques sont l'un et l'autre aussi importants.