En 1726, pendant sa troisième année à Leipzig, J. S. Bach interrompit la production de ses cantates pour en jouer environ 18 composées par son cousin éloigné Johann Ludwig ; quatre d’entre elles figurent sur ce disque. La qualité de ces œuvres est élevée : Mache dich auf, par exemple, se conclut par un choral qui s’appuie sur un accompagnement orchestral brillant et remuant, aussi élégamment travaillé que s’il avait été écrit par Jean Sébastien. Les quatre cantates débordent aussi d’idées fécondes et de ravissantes mélodies.
Johann Ludwig (1677-1731) fut employé à la cour de Meiningen de 1699 jusqu’à sa mort, d’abord comme simple musicien, ensuite comme directeur de la musique religieuse puis de la musique de la cour. Son portrait qui orne la couverture est de l’un de ses fils, Gottlieb Friedrich.
Hermann Max est revenu trois fois à Johann Ludwig depuis qu’il a fait cet enregistrement il y a 20 ans, lorsque sa Rheinische Kantorei s’appelait encore la Jugendkantorei Dormagen. Ses réalisations ultérieures n’ont jamais vraiment surpassé ces interprétations attachantes. Le chœur paraît plus important que ça n’est actuellement l’usage pour Bach (même s’il n’est probablement pas plus grand que ceux de Koopman ou de Suzuki), mais il chante avec aisance et sensibilité. L’ensemble d’instruments anciens Das Kleine Konzert est aussi au meilleur de sa forme, comme l’est le quatuor de chanteurs solistes. Barbara Schlick est à la fois brillante et douce ; la ténébreuse voix d’alto de Mary Nichols est aussi magnifique, malgré quelques écarts de justesse occasionnels ; les voix de Wilfried Jochens et de Stephen Varcoe montrent beaucoup d’assurance et de souplesse, en dépit du large vibrato permanent de ce dernier. CHRISTOPHER PRICE