Maria Antonia : Femmes Baroques VIII Walpurgis, compositeur, biographie, discographie
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COMPOSITEURS
Guillaume Dufay
Maria Antonia Walpurgis: Femmes Baroques VIII
ENTRETIENS
Reingard Goebel
10 CDs pour une île déserte : Peter Holman:
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COMPOSITEURS
Walpurgis, Maria Antonia : Femmes Baroques VIII
COMPOSITEURS
MARIA ANTONIA WALPURGIS: FEMMES BAROQUES VIII
En 1747 Maria Antonia épousa le Prince Electeur de Saxe et héritier du trône polonais, et s’installa à Dresde. A nouveau les opéras, cette fois La Spartana generosa de Hasse, avec des décors de Bibiena, et Le nozze d’Ercole e d’Ebe de C. W. Gluck, célébrèrent ses fiançailles. Hasse était alors le maître de chapelle de la cour de Dresde, où il résidait avec son épouse, la célèbre chanteuse Faustina Bordoni. 1747 fut aussi l’année de l’entrée de Maria Antonia à l’Accademia dell’Arcadia, à Rome, l’une des institutions les plus liées aux réformes de l’opéra. L’ entrée d’une femme à l’Arcadia ne peut nous étonner, si nous prenons en compte que cette institution réputée était l’héritière du mécénat artistique exercé à Rome par la reine Christine de Suède. C’est justement en tant que « ETPA » (Ermelinda Talea Pastorella Arcada), que Maria Antonia de Walpurgis signa ses deux opéras Il trionfo della fedeltà (1754) et Talestri, Regina delle amazoni (1760). Lors des premières représentations qui eurent lieu au théâtre de la cour, la princesse elle-même joua, et nous disposons sur ses habiletés de chanteuse des louanges de l’infatigable voyageur et historien Charles Burney. Les opéras furent aussi représentés dans d’autres villes européennes et publiés par Breitkopf. Certains historiens attribuent à Pietro Metastasio, le librettiste d’opéra le plus admiré et répandu dans toute l’Europe, quelques corrections dans les vers de Il trionfo de la fedeltà et pensent aussi que Hasse put en revoir la partition. Hasse et Frédéric le Grand dédièrent de grands éloges à ces opéras. Le poète italien Metastasio maintint une longue correspondance avec Walpurgis, dont il se déclara un grand admirateur. Comme il arrive presque toujours avec les artistes qui ont du pouvoir, il est difficile de discerner jusqu’à quel point tants d’éloges étaient dus à la haute position de Maria Antonia.

On a dit de la princesse saxone qu’ « elle seule dément la grossière accusation contre son sexe : ses dons singuliers démontrent ici que la faiblesse d’esprit dont elle est souvent accusée n’est pas un effet physique du sexe, mais seulement une conséquence morale de l’éducation ». Nous devons la citation antérieure, qui paraîtra à plus d’un propre d’une féministe éxaltée et partisane de projeter des batailles actuelles sur des époques historiques révolues, à Antonio de Eximeno (1729-1808). Philosophe, mathématicien, historien et théoricien de la musique, Antonio de Eximeno en arriva à proposer une aria de Talestri, Regina delle amazoni comme modèle de composition dans son traité Dell’Origine e delle regole della musica (1774). Eximeno (Aristoxeno Megareo pour les « bergers » de l’Académie de l’Arcadie) avait dédié son livre à Maria Antonia Walpurgis, la comparant avantageusement au grand Metastasio. D’après Eximeno, Metastasio devait se contenter de « stimuler avec ses livrets le génie des professeurs de musique », alors que Maria Antonia écrivait la poésie et la musique, et qu’en plus elle était capable de l’interpréter en chantant et en s’accompagnant au clavecin. Frédéric le Grand s’était exprimé en des termes très semblables quelques années auparavant.

La sélection d’une œuvre de Walpurgis de la part d’Eximeno constitue un cas très précoce, sans doute le premier, d’inclusion de l’œuvre d’une femme dans une anthologie de musique. Mais il faut signaler en outre qu’Eximeno, jésuite espagnol éxilé en Italie, traite l’aria citée plus haut d’une manière très différente de la façon dont il étudie les œuvres des cinq autres compositeurs choisis : Palestrina, Nanini, Gian Carlo Maria Clari, Pergolesi et Corelli. S’il ne commente que les aspects techniques contrapuntiques et de composition des pièces des musiciens italiens, il analyse en revanche l’aria de Talestri en fonction de son texte et de son sujet, et en fonction du fait qu’elle soit écrite par une femme. Ainsi nous rendons-nous compte qu’Eximeno traite de façon différente, tel que l’exigent beaucoup de musicologues féministes actuelles, la composition de Walpurgis. L’ opéra Talestri, Regina delle amazoni est interprété par Eximeno comme une « ingénieuse critique de la prétention tyrannique qu’essaient d’exercer les hommes sur les femmes » (n’est-ce pas que cela aussi vous fait penser à une musicologue féministe ?).

Maria Antonia : Femmes Baroques VIII Walpurgis
Fernando Pagola
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