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Comment Dufay atterrit-il à Cambrai ? On pensait encore récemment qu’il était né dans les environs de Cambrai neuf ans plus tôt environ, à en juger par l’âge moyen d’un nouvel enfant de chœur. Et donc on estimait qu’il était né en 1400. Mais dans une étude brillante publiée en 1988 et 1993, Alejandro Planchart découvrit quelque chose que Dufay s’était efforcé de cacher sa vie durant. Il était né à Bruxelles, probablement en 1397, fils de Marie du Fayt et d’un prêtre. Un autre membre du clergé nota ce fait dans une pétition envoyée à Rome en 1431, mais il était possible d’obtenir une dispense pour échapper aux entraves de l’illégitimité, dispense qui l’autorisait à ne plus mentionner ce fait à l’avenir. Son premier nom fut Willem du Fayt. Willem du Fayt (Willermus dans les documents en latin) devint Guillaume du Fay (Guillermus dans les documents en latin) après 1426 en Italie pour éviter que les Italiens ne prononcent le t.
Marie du Fayt était sous la protection de son cousin, Jehan Hubert, un homme fort influent qui devint chanoine de la cathédrale de Cambrai en 1403, ne s’y installant pourtant qu’en 1408. Il fit venir Marie et son fils à Cambrai pour qu’ils s’occupent d’une autre de ses cousines, Jehanne Hubert. Lorsque Jehan Hubert mourut en 1424, il pourvut aux besoins de Marie pour qu’elle continue de s’occuper de sa cousine.
C’est ainsi que Guillaume Dufay devint enfant de chœur à la cathédrale de Cambrai sur la recommandation de l’un de ses chanoines. Il est certain qu’il était en faveur puisqu’il reçut en 1411-12 la Doctrinale, un manuel de grammaire, de rhétorique et de versification. On offrait rarement un livre manuscrit à un garçon de quatorze ans, il dut certainement faire preuve d’un talent hors du commun et plein de promesses. En 1414, il n’est plus enfant de chœur mais membre du clergé. Sa présence n’est plus mentionnée dans les documents après novembre 1414, l’époque exacte où Jehan de Lens, évêque de Cambrai, se mit en route pour Constance avec sa chapelle. Il est possible que Dufay, une fois à Constance, se soit joint à la chapelle du cardinal d’Ailly, qui avait sans doute connu ce garçon très prometteur durant ses deux premières années dans le chœur.
La réunion de musiciens anglais, français, allemands, italiens et, plus tard. vers 1416, espagnols dans la ville aux bords du lac de Constance eut un effet prodigieux sur le développement musical. La contenance angloise commençait à influencer la France septentrionale, envahie par les Anglais. Les musiciens flamands et français s’étaient rendus en Italie, rapportant l’Ars Subtilior. Le compositeur allemand Oswald von Wolkenstein appartenait à la chapelle impériale. A Constance, chacun avait l’occasion d’entendre, de comparer, d’admirer et d’adapter le style musical de chaque pays.
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