Antonio Vivaldi, compositeur, biographie, discographie
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COMPOSITEURS
Antonio Vivaldi
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COMPOSITEURS
Vivaldi, Antonio
COMPOSITEURS
ANTONIO VIVALDI
La deuxième étape est celle de l’engagement à la Pietà de Venise. Le 1er Septembre 1703, alors qu’il vient d’être ordonné prêtre et qu’il est à peine âgé de 25 ans, Vivaldi est en effet nommé maestro di violino de l’orchestre de la Pietà, puis chargé cumulativement de l’enseignement de la viola all’ inglese. Il a pour fonction d’enseigner, d’acquérir certains instruments pour ses élèves et de diriger l’orchestre de cette vénérable institution, qui, à l’image des trois autres ospedali grandi de Venise, entretenait en son sein un coro renommé, réunissant l’ensemble des pensionnaires musiciennes. La nomination d’un si jeune musicien à ce poste envié témoigne des larges appuis dont il bénéficiait et de sa solide réputation de compositeur, sans doute fondée sur la diffusion manuscrite de ses œuvres avant publication. Et par-dessus tout de sa formidable renommée de prodige du violon qui, longtemps, supplantera sa réputation de compositeur à Venise et en Italie. Tout au long de sa vie, Vivaldi poursuivra à la Pietà une carrière tumultueuse, conséquence de sa personnalité histrionique et maladivement indépendante. Mais ses relations chaotiques avec l’institution, semées de ruptures et de réconciliations, ne l’empêcheront pas de faire de ce poste prestigieux, à la fois son laboratoire et son sanctuaire.

La troisième étape est celle de l’entrée retentissante dans le monde théâtral, avec la création à Vicence en mai 1713 de son premier opéra connu, Ottone in villa, suivie d’une véritable conquête de la Venise théâtrale, fondée sur la prise de contrôle des petits théâtres du Sant’ Angelo et du San Moise. Les partitions d’opéras datant de cette première période vénitienne révèlent des œuvres somptueuses, exubérantes, témoignant d’un tempérament dramatique exceptionnel. Ces compositions novatrices, dérangeantes, imposant le stilo nuovo en heurtant de front le stile antico prisé par les conservateurs, lui attireront l’animosité d’une grande partie de l’aristocratie vénitienne dont les théâtres lui resteront toujours hermétiquement fermés. Dans le même temps, Vivaldi s’affirme également comme un formidable découvreur de voix : c’est en effet lui qui révèle des chanteurs fameux tels Fabri, Merighi ou Strada, bien avant leur engagement à Londres par Haendel. Dès cette même époque, le Vénitien s’impose aussi et surtout comme impresario, au sens étymologique du terme, c’est-à-dire comme entrepreneur de spectacles, produisant à la fois ses propres opéras et ceux d’autres compositeurs, les révisant ou les assemblant à ses propres productions.

Un témoignage piquant de cette période d’activité frénétique nous est fourni par les carnets de voyage d’un riche architecte de Francfort, Johann Frierich Armand von Uffenbach, qui assista à la saison de Carnaval au Sant’ Angelo en 1715. L’ amateur éclairé y critique les décors et les costumes, admire les chanteurs, affirmant qu’ils « furent incomparables et ne le cédèrent en rien à ceux du grand théâtre », c’est à dire du San Giovanni Grisostomo. Mais il se montre surtout ébahi par Vivaldi, qui l’éblouit par ses interventions prodigieuses au violon. Uffenbach écrit ainsi dans son carnet : « Vers la fin, Vivaldi interpréta un solo magnifique qu’il fit suivre d’une cadence improvisée qui me stupéfia véritablement, car il n’est guère possible qu’on ait jamais joué ou que l’on joue jamais ainsi. Il avait les doigts à un cheveu du chevalet, au point qu’il n’y avait plus de place pour l’archet, et cela sur les quatre cordes avec des imitations et une rapidité incroyables ». La carrière lyrique de Vivaldi prenait ainsi son essor en forme de conquête guidée par deux mots d’ordres : réformer et surprendre. Etonnante et prémonitoire rencontre de l’art et de la stratégie commerciale.

La quatrième grande étape de cet envol est celle du développement d’une activité structurée de compositeur privé, multipliant les engagements ponctuels et rémunérateurs auprès d’un réseau de clients et de mécènes. Celle-ci concernera aussi bien la musique instrumentale avec la vente de concertos spécialement écrits ou adaptés au gré des commandes, la musique vocale profane avec la vente d’airs d’opéras, de cantates ou de serenate et la musique sacrée à laquelle Vivaldi s’adonne dès la première décennie du XVIIIe siècle en composant motets, hymnes, psaumes et concertos sacrés pour différentes institutions. C’est ainsi qu’il écrira son célèbre Stabat Mater en 1712 pour une église de Brescia. C’est ainsi également qu’il composera son premier oratorio, La vittoria navale, représentée à Vicence en juin 1713.

Sa vie durant, Vivaldi cumulera ces quatre activités parallèles. Si peu à peu, il renoncera à la mise sous presse d’Opus de sonates ou de concertos pour privilégier l’assemblage de recueils ou la vente de concertos en faveur de riches amateurs ou protecteurs, le compositeur n’en publiera pas moins douze Opus entre 1703 et 1729. Parmi ceux-ci l’Opus IX, regroupant douze concertos pour violon de maturité et l’Opus X, consacrant la flûte traversière comme instrument soliste à part entière, constituent d’inestimables chef-d’œuvres. A la Pietà, ses relations tumultueuses ne l’empêcheront pas d’occuper à deux reprises le poste de maestro di coro intérimaire, en plus de ses fonctions de maestro di concerti et de son rôle de compositeur attitré de musique instrumentale pour l’orchestre. Ces deux périodes d’ interrègne lui permettront de composer certaines de ses plus belles pièces sacrées dont les plus tardives, incluant une révision galante de son Magnificat et de son Beatus vir pour deux chœurs, correspondent à sa dernière période de collaboration avec l’institution, juste avant son départ pour Vienne.

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