Heinrich Franz von Biber, compositeur, biographie, discographie
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COMPOSITEURS
Heinrich Franz von Biber
ENTRETIENS
Paul van Nevel
10 CDs pour une île déserte : Fabio Bonizzoni
ARTICLES
Le Mystère d'Elche
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COMPOSITEURS
Biber, Heinrich Franz von
COMPOSITEURS
HEINRICH FRANZ VON BIBER


Partita

Biber naquit en 1644 à Wartenbourg (actuellement Straz pod Raskem), à quelque 80 km au nord de Prague. On ne sait pas grand-chose des études qu’il fit, mais on suppose qu’ il prit dans sa ville natale quelques cours avec l’organiste Wiegand Knöffee, qu’il se perfectionna au Gymnasium jésuite de Bohême, et qu’au début de la décennie 1660 il connut Pavel Vejvanovsky, qui étudiait également là, et qui l’aiderait plus tard à obtenir son premier travail musical important. Biber travailla au service du Prince Johann Seyfried Eggenberg, à Graz (où étaient également employés Philipp Jakob Rittler et Jakob Prinner, deux musiciens assez importants à leur époque et dont il fut l’ami), jusqu’en 1668, année où il fut nommé valet de chambre et musicien de Karl Liechenstein-Castelcorno, évêque d’Olmütz, dans la petite ville de Kremsier (aujourd’hui Kromeriz, en République Chèque), où Vejvanovsky était maître de chapelle. C’est là qu’il entra en contact, entre autres, avec la musique de Johann Heinrich Schmelzer (en particulier ses balletti) qui était extrêmement appréciée à la cour. Il fut rapidement considéré comme le plus grand virtuose de son temps par ceux qui le connaissaient et parmi ceux qui avaient eu connaissance de son nom ou de ses compositions pour violon. On disait qu’il interprétait au violon ce que personne d’autre n’était capable d’interpréter, et que son secret résidait en partie dans la scordatura. En modifiant la façon d’accorder l’instrument, il parvenait en effet à jouer des morceaux qui autrement auraient été impossibles. Pendant l’été 1670, son patron l’envoya à Absam pour négocier avec le célèbre fabricant Jacob Stainer l’achat de violons pour son ensemble. Biber quitta la ville pour ne jamais y revenir, et au lieu d’aller voir Stainer il se rendit à Salzbourg où il parvint à entrer à la cour de Maximilien Gandolph von Khuenburg, archevêque de Salzbourg. Liechtenstein se sentit bien évidemment offensé, mais en raison de son amitié avec l’archevêque de Salzbourg, il décida de ne pas exercer de représailles et se contenta d’attendre six ans avant de rédiger un document qui libérait officiellement Biber de ses services. Pour gagner ses bonnes grâces, le musicien envoyait régulièrement certaines de ses œuvres à Kromeriz, où sont conservés la plupart de ses manuscrits. Ces compositions, tout comme celles qu’il offrait à son nouveau patron (souvent les mêmes étaient dédiées à l’un et à l’autre) étaient principalement des œuvres instrumentales. Les grandes œuvres religieuses pour la cathédrale étaient, pour la plupart, commandées à Andreas Hofer, le maître de chapelle (dont il était l’adjoint) jusqu’à sa mort, en 1684.

Le plaisir (l’ « hédonisme du lecteur » dont parle Borges) est sans aucun doute présent dans la musique de Biber. Il est possible de le deviner chez le compositeur et dans ses improvisations sur l’instrument, et aussi d’en avoir l’évidence chez ses interprètes actuels et ceux qui les écoutent



Lectures

The Life and Opinions of Tristam Shandy, Gentleman, publié par Laurence Sterne en 1760, est un curieux roman. A peine commencé, y apparaît une digression qui dure des centaines de pages. Puis Sterne reprend tranquillement le fil de son histoire comme si de rien n’était. Considéré pendant des années comme une absurdité ou tout au moins comme une gigantesque erreur, les avant-gardes du XXe siècle y ont vu un précurseur génial et ont commencé à le lire (et à orienter les lectures des autres dans ce sens) comme l’un des chefs-d’œuvre de la littérature.

L’idée que la lecture s’impose à l’œuvre, et même qu’elle la construit, est plus acceptée dans le domaine de la littérature que dans celui de la musique. Personne n’aurait l’idée, aujourd’hui, de lire la correspondance de Kafka comme de simples communications épistolaires de nouvelles et de pensées plus ou moins intimes. Ces lettres sont aujourd’hui devenues de la littérature, et peu importe en tout cas quelle fut l’intention originelle de l’auteur à leur égard. Par contre, beaucoup de mauvais opéras sérieux qui passeraient très bien dans les théâtres comme de bons opéras comiques, avec leurs pleurs hilarants et leurs invraisemblables morts d’amour, ont directement disparu du répertoire. Ou bien (ce qui est nettement pire) ils continuent de circuler, comme si de rien n’était, comme opéras sérieux. Dans ce domaine, les intentions du compositeur continuent d’être considérées comme une vision qualifiée et irremplaçable de l’œuvre. Il est impossible de rien entendre dans les symphonies de Tchaïkovsky de ce qu’il pensait y mettre (sans parler des poèmes symphoniques et de toute cette musique descriptive ratée) mais, cependant, les discussions pour savoir si ce compositeur était ou non déprimé lorsqu’il composa la Pathétique, ou si sa mort fut ou non intentionnelle, ou à propos de la relation possible entre ces deux faits, ont occupé de nombreuses pages. La question de savoir dans quelle mesure une lecture contemporaine redéfinit une œuvre est, en tout cas, particulièrement pertinente dans le cas de Biber, un musicien considéré comme génial aussi bien au XVIIIe siècle qu’à l’époque actuelle, mais en partie pour des raisons différentes.

Heinrich Franz von Biber
Abraham Mignon : Le nid des pinsons, Paris, Louvre
Biographie
Catalogue d'ouvres
Discographie
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