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En 1709, Graupner accepta un poste à la cour de Hesse-Darmstadt. Il en devint le chef d’orchestre et compositeur (Hofkapellmeister) en 1711. En mars 1723, à la demande du landgrave son employeur, il refusa le poste prestigieux qu’on lui proposait : cantor de l’église Saint-Thomas à Leipzig. C’est d’ailleurs ce qui permit à Jean-Sébastien Bach d’y accéder officiellement le 5 mai 1723. Dans sa lettre de refus, Graupner mentionne spontanément le nom de Bach en donnant un avis positif sur le musicien. Ce geste, inhabituel pour l’époque, reflète une personnalité empreinte de modestie et de rigueur. Il resta à la cour de Darmstadt les trente-huit ans qui lui restait à vivre.
Graupner était à ce point modeste qu’il demanda que toute sa musique soit détruite après sa mort. L’inévitable bataille juridique qui s’ensuivit, entre ses héritiers et la cour de Darmstadt, se termina en 1819 par la reconnaissance des droits de propriété de cette dernière sur la musique du compositeur. Les manuscrits et autographes de Graupner demeurèrent donc au château de Darmstadt et appartiennent aujourd’hui à la Hessische Landes - und Hochschulbibliothek de l’université de cette ville.
Compositeur prolifique et infatigable, Graupner était reconnu entre autres pour l’excellente calligraphie de ses autographes et copies, auxquels il apportait le plus grand soin. Mattheson en témoigne en 1740 : « ses partitions manuscrites sont si belles qu’on dirait de la gravure ». En plus d’un nombre important d’autographes, on retrouve des copies de sa main d’œuvres de ses contemporains : Vivaldi, Telemann, Fasch, Stamitz, Richter et autres. On sait que Bach a copié la musique de ses prédécesseurs autant que celle de ses contemporains, mais uniquement dans un but personnel d’apprentissage.
À l’instar de J.S. Bach et en conformité avec le rôle social du métier de compositeur au XVIIIe siècle, Graupner a œuvré humblement et sans relâche, cumulant plusieurs tâches, et ce, sans jamais songer à la postérité.
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