Giacomo Carissimi, compositeur, biographie, discographie
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COMPOSITEURS
Carissimi, Giacomo
COMPOSITEURS
GIACOMO CARISSIMI
Un dicton est répandu dans les milieux ecclésiastiques : “Jesuita non cantat”, faisant référence à l’attention, sinon rare, tout au moins marginale, accordée par Ignace de Loyola à la muse sonore. Après la fondation de l’ordre, en 1540, Ignace publie les Constitutiones Societatis Jesu, dans lesquelles il est par exemple interdit de chanter les offices divins en chœur, de même que les instruments de musiques n’étaient pas admis dans les résidences de Jésuites. Cela ne signifiait heureusement pas que l’enseignement de la musique était proscrit dans les collèges dirigés par l’Ordre, collèges qui au début du XVIIe siècle dépassaient le chiffre de 400 établissements à travers toute l’Europe. L’idée de créer à Rome un collège destiné aux jeunes Allemands qui serviraient ensuite dans leur pays d’origine fut suggérée à Ignace par le Cardinal Morone, convaincu que seule une nouvelle génération aguerrie de prêtres pouvait espérer lutter efficacement contre l’hérésie réformatrice en Allemagne. L’objectif fondamental des Jésuites était de “découvrir et contrecarrer le poison caché dans la doctrine hérétique, et planter le tronc déraciné de la foi”. Le pape Jules III, convaincu de l’importance de l’entreprise, approuva et soutint le projet du Collège Germanique, et c’est en 1552, avec la bulle Dum Sollicita, que commença l’activité de l’institution pédagogique avec une inauguration solennelle qui eut lieu le 28 octobre de la même année. A l’origine, la subsistance des jeunes séminaristes était prise en charge par le pape et certains cardinaux, mais l’institution connut rapidement une crise financière. Le successeur d’Ignace, Diego Laínez, décida alors d’ouvrir également le collège à des jeunes issus de familles riches pas seulement allemandes, et à de jeunes élèves qui ne seraient pas nécessairement ordonnés prêtres. Le résultat fut que les pensions payées par ces élèves, appelés convittori (pensionnaires), furent suffisantes pour subvenir également aux besoins des étudiants allemands les plus pauvres destinés à devenir prêtres (le rapport numérique était d’environ 1 à 10, un séminariste pour dix pensionnaires). Le pape Grégoire XIII donna une impulsion décisive au développement de l’institution en la dotant de fonds importants et en imposant que les pensionnaires italiens passent au Collège Romain ; ce dernier, fondé en 1565, était également dirigé par les Jésuites, et destiné à la formation du futur clergé romain. Ce tournant coïncide avec une orientation plus nette en ce qui concerne la formation musicale au Collège Germanique. Une figure centrale du développement et de l’importance acquise par le Collège dans ce domaine fut le recteur Michele Lauretano (1573-1587). C’est lui que le pape Grégoire XIII autorisa en 1575 à annexer au Collège l’église de Saint-Apollinaire, et en 1580 il décréta l’incorporation du Collège Hongrois fondé deux ans plus tôt.

Les documents conservés dans les archives du Collège qui nous sont parvenus permettent d’éclairer certains aspects de la vie quotidienne dans l’institution, et en particulier de l’activité du maître de chapelle, qui devait être un homme pieux, religieux, qui avait l’obligation de préparer la musique pour les services du Collège et de l’église, et ne pouvait avoir chez lui de “chants amoureux et lascifs”.

Quant aux élèves, ils devaient avant tout apprendre le plain-chant, et étaient donc tenus de pratiquer sous la supervision du maître de chapelle le chant figuré et le contrepoint, dont ils devaient arriver à connaître et à maîtriser les règles à la perfection. Les étudiants étaient divisés en enfants chanteurs et élèves plus âgés. En plus des enfants et des autre élèves, on engageait pour les principales fêtes des “chanteurs étrangers”, c’est-à-dire venus de l’extérieur, et éventuellement quelque “Eunuque, comme le fait le Collège Anglais”.

Giacomo Carissimi
Giovanni Castiglioni (1609-1665). Noé et les animaux. 1633. Kunsthistorisches Museum,Gemaeldegalerie, Vienne, Autriche
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