En 1238, après être devenu le paladin de la Sixième Croisade, Thibaut passa à Bayonne d’où il prépara la flotte qui devait le conduire avec d’autres barons français à Saint-Jean-d’Acre. La précipitation de certains d’entre eux et l’absence d’un commandement clair menèrent à la défaite des croisés à Gaza. Après cet échec, Thibaut rentra en France en 1240, non sans s’être auparavant rendu à Jérusalem.
Postérieurement il prit part aux côtés de Louis IX aux batailles de Taillebourg et de Saintes contre les Anglais, étant vaincu en Gascogne en 1244 par le sénéchal du roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, en 1249-50, il entreprit un voyage expiatoire à Rome, fait que certains historiens rattachent à ses divergences avec le clergé navarrais.
Thibaut mourut à Pampelune le 8 juillet 1253, laissant comme héritier du trône et des comtés de Champagne et de Brie son fils Thibaut II, né de son troisième mariage, qui n’avait que quelques années.
Manuscrits
Les manuscrits qui transmettent l’œuvre poétique et musicale de Thibaut, comte de Champagne et de Brie et roi de Navarre, sont au nombre de trente-deux, dont quatorze seulement contiennent de la musique. Parmi ces derniers, le plus important est le célèbre Chansonnier du roi de Navarre, qui fait partie du Manuscrit du roi (Paris, Bibl. Nationale, fonds fr. 844 fols. 13 et 59-78) ayant appartenu à Charles d’Anjou, roi de Sicile (1266-82). Des 60 pièces poético-musicales que l’on conserve de Thibaut, le Chansonnier du roi de Navarre, qui est la copie que l’on considère la plus proche d’un hypothétique original, en contient 56 avec la musique, et deux san; il n’y manque donc que deux de ses compositions.
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Les manuscrits qui transmettent l’œuvre poétique et musicale de Thibaut, comte de Champagne et de Brie et roi de Navarre, sont au nombre de trente-deux, dont quatorze seulement contiennent de la musique. Parmi ces derniers, le plus important est le célèbre Chansonnier du roi de Navarre
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Il est suivi en importance par un ensemble de quatre manuscrits qui semblent dériver de la même source, à savoir : Paris, Bibl. De l’Arsenal, 5198, qui contient 56 pièces de Thibaut, toutes accompagnées de musique ; Paris, Bibl. Nationale, fonds fr. 845, avec 28 pièces dont 26 avec la musique ; Paris, Bibl. Nationale, fonds fr. 847, avec 5 pièces avec la musique, et Paris, Bibl. Nationale. 1050 (Chansonnier Clairambault) avec 56 pièces, toutes avec la musique. A la différence du Chansonnier du roi de Navarre, dans lequel le répertoire figure comme anonyme, dans ces quatre manuscrits toutes les pièces portent en tête le nom, ou plutôt l’appellatif de leur auteur: «Li rois de Navarre». Une autre particularité de ces manuscrits, commune à la plupart de ceux qui transmettent le répertoire de Thibaut, est que ce sont ses compositions qui figurent en premier lieu. Ceci n’est pas surprenant si l’on tient compte du fait que les manuscrits qui transmettent le répertoire des trouvères regroupent généralement les pièces par auteurs, classés selon leur rang, par ordre décroissant. Etant donné que Thibaut est le seul trouvère français ayant atteint la dignité de roi, il n’y a rien de particulier à ce que ses compositions apparaissent toujours les premières.
Parmi les autres manuscrits qui nous transmettent ses pièces avec la musique, il faut signaler le Chansonnier Cangé (Paris, Bibl. Nationale, fonds fr. 846), l’un des derniers chansonniers des trouvères (sa notation est déjà mensuraliste), dont on pense qu’il dérive de plusieurs sources. Il est ordonné alphabétiquement, et les compositions de Thibaut, 59 en tout dont 57 avec la musique, sont toujours les premières de chaque lettre. Comme dans les quatre manuscrits déjà cités, toutes les pièces indiquent leur auteur :«Roy de Navarre».
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