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Le Cancionero d’Uppsala contient en tout cinquante-cinq villancicos avec leur mélodie, ordonnés en fonction du nombre de voix et de leur thème. Le texte de la plupart est en espagnol, mais il y en a également en catalan – quatre en tout – et en portugais – deux seulement.

Fils de Frédéric III de Naples, lui-même petit-fils d’Alphonse le Magnanime, Ferdinand fixa en 1504 sa résidence à la cour espagnole, comme prisonnier plutôt que comme invité, à la suite de l’invasion du royaume de Naples par les troupes franco-espagnoles. Le motif avancé par les envahisseurs était le caractère illégitime de la dynastie napolitaine, descendante de Ferrante I, fils bâtard du Magnanime. Si dans un premier temps la France et l’Espagne agirent de commun accord, obtenant que le pape Alexandre VI excommunie Frédéric III et que celui-ci s’enfuie à Tours, où il mourut peu de temps après, une fois le royaume conquis, les deux pays entrèrent en compétition pour se partager ses domaines. Les troupes espagnoles, sous le commandement du Grand Capitaine, furent victorieuses, et Naples fut en conséquence annexé à la Couronne espagnole jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Après diverses tribulations, qui le menèrent de la cour à la prison en 1512, puis à nouveau à la cour onze ans plus tard, le duc de Calabre épousa en 1526 Germaine de Foix (1488-1536). Nièce du roi de France, elle résidait en Espagne depuis 1506, année où elle épousa Ferdinand le Catholique, veuf de sa première épouse. Les ducs fixèrent leur résidence à Valence, après avoir été nommés conjointement vice-rois et lieutenants du royaume, et leur cour, directement héritée de celle de Naples, devint rapidement un centre culturel de premier ordre.

Les ducs avaient à leur service une chapelle qui devint du point de vue musical l’une des mieux dotées de toute l’Espagne. Elle était déjà constituée en mai 1527, puisqu’il est établi qu’à l’occasion de la naissance du prince Philippe, fils aîné de l’empereur Charles Quint, les ducs se rendirent à la cathédrale de Valence pour célébrer un acte d’action de grâce; il y fut chanté un Te Deum, auquel participèrent “les ménestrels, trompettes et timbales des vice-rois, l’orgue et les chantres de la cathédrale et ceux des vice-rois”. Il ne reste malheureusement presque aucune information concernant les musiciens qui appartenaient à la chapelle des vice-rois, dont l’historien Fray José de Sigüenza rapporte la magnificence. Dans un texte datant de la fin du XVIe siècle, l’illustre érudit déclare à ce propos :

“Chaque jour était célébré dans sa Chapelle l’office divin, comme dans la Chapelle Royale, avec une grande solennité. Il [le duc] avait pour cela des Chapelains ordinaires, et pour les principales fêtes un Evêque qui disait la Messe Pontificale ; et ainsi avec la meilleure chapelle de musiciens ainsi que de voix naturelles et d’autres types d’instruments qu’il y eût en Espagne, et je ne sais s’il y en a eu une depuis aussi bonne en nombre, en qualité et en voix, car elle réunissait tout ce qu’il y avait de bon dans ces Royaumes et tous allaient y servir avec beaucoup de plaisir”.

Les ducs fixèrent leur résidence à Valence, après avoir été nommés conjointement vice-rois et lieutenants du royaume, et leur cour, directement héritée de celle de Naples, devint rapidement un centre culturel de premier ordre.

Entre vérité et invention, l’écrivain de Valence Juan de Timoneda fait allusion à la chapelle des ducs de Calabre dans deux des nouvelles de son livre El sobremesa y alivio de Caminantes (Valence, 1569). Dans l’une, après avoir affirmé que le duc avait un tel goût pour la musique qu’ “il n’y avait personne en Espagne qui eût autant de musiciens et d’aussi bons, en raison des hauts salaires qu’il leur versait”, il raconte qu’ “un important musicien étranger étant venu au [palais] royal pour écouter la musique le jour des Rois, on avait tant loué, commenté et détaillé la rente du duc, qu’il dit – pour une si petite cape, c’est une bien grande chapelle”. Il est probable que le duc connut parfois des difficultés économiques qui l’empêchèrent de payer ponctuellement le salaire de ceux qui travaillaient pour lui, ce qui est peut-être à l’origine de l’amusante anecdote sur sa chapelle que rapporte Timoneda dans son autre nouvelle. Il dit:

“Comme le duc de Calabre tardait à payer ses chanteurs, le maître de chapelle l’importunait en le lui rappelant, et disait : - Ecoutez, votre excellence, vous tardez à nous payer - ce à quoi il répondait : “Ecoutez-vous”. Comme il avait réclamé plusieurs fois en disant “Ecoutez, votre excellence”, et que celui-ci avait répondu “écoutez-vous”, le maître dit un jour – votre excellence est continuellement en mi1 ; pour être un bon chanteur, dites fa, que cela se fasse - Pardonnez-moi, mais c’est vous qui ne m’avez pas pris le ton”.

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Codex de la Bibliothèque des Ducs de Calabre Seneca. Luii Anei Senecae Tragediarum. Bibliothèque de l’Université de Valence. Espagne Tito Livio. De secundo bello punico. Bibliothèque de l’Université de Valence. Espagne
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