Andrew & Skinner Carwood, interprete de la musique ancienne et la musique baroque, discographie
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COMPOSITEURS
François Couperin
ENTRETIENS
Andrew Carwood, David Skinner
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COMPOSITEURS
Carwood, Andrew & Skinner , David
ENTRETIENS
ANDREW CARWOOD, DAVID AMP; SKINNER
CARWOOD : Je dois dire que je n’ai pas le temps de faire des reconstitutions liturgiques complètes dans la ligne de « c’est ce que vous auriez entendu si vous aviez été à Saint-Marc, à Venise, le 15 juin 1568. » Je ne pense pas que la reconstitution liturgique, ce soit cela, ou tout au moins cela ne devrait pas l’être. L’important, c’est le contexte, car, comme l’a dit David, cette musique n’a pas été conçue pour être interprétée bout à bout. Et je pense que c’est un danger pour les chefs d’orchestre, les chanteurs et les auditeurs d’être confrontés uniquement à des interprétations de ce type, comme s’il s’agissait d’une symphonie. Il ne s’agit pas d’une symphonie, bien que la construction soit sous bien des aspects symphonique. La pièce a un contexte, et on n’en aura qu’une compréhension superficielle sans ce contexte. Vraiment, il ne suffit pas de considérer la musique polyphonique comme une belle musique d’ambiance spirituelle. C’est comme cela que beaucoup de gens la considèrent, et si c’est ce qui leur plaît, alors c’est parfait. Mais si on veut vraiment comprendre cette musique, cela n’est que la surface. Elle est beaucoup plus riche que cela. Et je considère qu’en tant que musiciens, nous avons le devoir d’ouvrir l’esprit des gens à ces autres idées et concepts.

Un autre argument en faveur de l’emploi d’un certain contexte de plain-chant est que le fort contraste renforce l’effet de la polyphonie. Personnellement, je me demande vraiment pourquoi il y a eu cette violente réaction contre toute forme de reconstitution.

CARWOOD : Cela a peut-être un rapport avec la réaction contre l’ « authenticité », qui est aussi devenue une sorte de mot tabou. Je dois dire que je n’aime pas du tout cela. Je pense qu’aussi bien avec la reconstitution qu’avec l’authenticité, on repousse simplement l’idée que quelque chose soit correct ou incorrect.

Mais nous en sommes sûrement arrivés maintenant à un point en musique ancienne où ceux qui ont une attitude dogmatique à propos de ce qui est « correct » ou « incorrect » sont peu nombreux.

CARWOOD : Je l’espère, mais je pense que dans la façon de les présenter, les choses peuvent parfois sembler ainsi. Je ne pense pas qu’il soit « incorrect » d’interpréter une messe bout à bout ou qu’il faille toujours avoir une reconstitution liturgique. Mais il y a là un élément important, et les gens l’ignorent à leurs risques et périls.

Parlons maintenant de vos disques. Jusqu’à ces derniers temps, vous vous êtes centrés sur les collections. La première était consacrée à Nicholas Ludford, un choix audacieux, car à cette époque personne ne faisait du Ludford. Comment en êtes-vous arrivés à lui consacrer tant de temps ?

SKINNER : En réalité, Ludford a été une idée d’Andrew. Nous cherchions un compositeur inhabituel, qui n’ait pas encore été enregistré. Je travaillais alors sur deux livres de chœur anglais, Caius et Lambeth, qui contenaient de la musique de Ludford et de Fayrfax. J’avais très envie de faire Fayrfax, mais étant donné qu’Harry Christophers était sur le point de faire une collection de Fayrfax (qui par la suite ne s’est jamais matérialisée) nous nous sommes décidés pour Ludford. Il y avait quatre messes complètes, et donc quatre volumes. Rétrospectivement, la question de savoir si commercialement nous avions raison de les faire bout à bout, sans rien intercaler d’autre peut se discuter, mais à cette époque la biographie de Ludford voyait le jour, et nous pouvions donc reconstruire la vie de l’homme. Je suppose que du point de vue musical ce n’est pas très important, mais cela signifiait que nous pouvions le présenter en chair et en os. Mais ensuite, Fayrfax a été logiquement le pas suivant, et cela nous a conduits naturellement, à travers les chansonniers de Caius et Lambeth, à la découverte de la Fitzalan Chapel à Arundel, qui a des rapports avec Wiliam Byrd. Ainsi donc, toutes ces choses sont liées. Le projet Byrd est notre première incursion dans quelque chose de vraiment important, et il marque le point de départ d’une nouvelle étape, où nous essayons de faire les choses différemment. Le disque de musique en relation avec All Soul’s College, Oxford [ASV CDGAU 196] marque une sorte de point de départ, car je pense qu’on ne peut enregistrer une telle quantité de polyphonie anglaise que de la façon dont nous l’avons fait.

Andrew & Skinner Carwood
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