L’Akamus (comme on l’appelle familièrement dans sa ville natale) possède depuis 1984 sa propre saison à la Konzerthaus Berlin, un magnifique édifice au net profil classique projeté et construit par Karl Friedrich Schindel, l’architecte préféré de Frédéric II le Grand. Depuis plus d’une décennie déjà, les cycles et les saisons de concerts privilégient des formations ayant un effectif également adapté aux normes historiques. C’est pourquoi l’orchestre est sollicité non seulement pour le répertoire d’œuvres instrumentales du XVIIIe siècle, mais aussi pour partager avec les chœurs et les solistes les grandes passions, les oratorios et les cantates avec un effectif vocal et instrumental adapté aux dimensions actuellement utilisées.
Les motifs qui ont permis à l’Akademie d’atteindre le renom qu’elle possède et de se maintenir dans cette position se résume selon eux « simplement par le travail soutenu, ce qui est très important. Les disques sont devenus l’un des points forts de l’ensemble, pour lequel ils ont une grande importance, bien qu’il soit difficile d’évaluer à quel point. Au début l’Akademie a eu de la chance, puisqu’on commémorait en 1985 l’anniversaire de Bach, Haendel et Schütz, ce qui a contribué à nous faire connaître, car dans le domaine de l’interprétation historiciste il n’y avait presque rien en RDA. Ensuite, grâce au contact avec René Jacobs, nous avons commencé au milieu des années 90 un travail continu avec Harmonia Mundi, label pour lequel nous enregistrons entre trois et quatre productions par an, avec un succès toujours croissant. Sans ces enregistrements, l’ensemble aurait une répercussion beaucoup moins grande dans les médias ; réaliser de bonnes ventes a une incidence sur les possibilités de donner des concerts. D’autre part, la présence dans les médias à chaque lancement discographique est importante pour l’Akademie ».
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l’ensemble est une société dans laquelle les musiciens partagent les risques et les bénéfices. Nous ne recevons aucune subvention, ce qui fait que nous dépendons donc entièrement de nos interprétations
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Deux artistes n’appartenant pas à l’ensemble ont joué un rôle très important pour la place de l’orchestre au niveau international ; d’une part Marcus Creed, l’ancien directeur du RIAS-Kammerchor berlinois, institution à laquelle ils sont liés par une très étroite collaboration musicale depuis la chute du Mur. D’autre part, René Jacobs, déjà nommé, figure omniprésente de la musique ancienne européenne. Le chef d’orchestre belge invite régulièrement l’Akademie pour ses productions de répertoire pré-classique à la Staatsoper Unter den Linden . Ils s’y sont produits avec un immense succès, interprétant un répertoire peu connu comme l’Orpheus de Telemann, le Croesus de Reinhard Keisers ou la Griselda d’Alessandro Scarlatti. Aussi bien Creed et le RIAS-Kammerchor que Jacobs maintiennent une relation à double sens, puisqu’ils figurent en permanence comme chefs invités dans le cycle de l’Akamus.
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