The English Concert, interprete de la musique ancienne et la musique baroque, discographie
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English Concert, The
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THE ENGLISH CONCERT

Lors de sa première initiative très médiatisée, Andrew a dirigé un ensemble qui regroupait les musiciens de l’English Concert, de l’Academy of Ancient Music et les étudiants de la Royal Academy of Music, pour les BBC Proms. Le programme était conçu autour de la musique de Corelli. Pour moi, Corelli est plutôt associé à des formations restreintes. Quelle était votre idée ?

AM : Corelli utilisait des formations qui allaient de trois à cent cinquante musiciens. On l’a souvent vu diriger de très grands orchestres dans de grandes occasions. Il est l’un des compositeurs charnière qui ont transformé la musique instrumentale, si bien que j’ai été ravi lorsque Nicholas Kenyon, le Directeur des Proms, a proposé un concert pour marquer le 350ème anniversaire de sa naissance. Les Proms sont hébergés par le Royal Albert Hall qui est un très vaste espace. Si nous avions installé sur scène un ensemble de quinze musiciens, il se serait senti perdu ; cela nous a donc donné la chance de pouvoir re-créer l’un des événements à grand spectacle de Corelli.

Ça a aussi été un moment symboliquement très touchant pour moi, au moment où je quittais l’Academy of Ancient Music pour rejoindre The English Concert, d’avoir les deux orchestres sur scène, ce qui montrait que personne ne gardait de rancœur. J’étais content que les étudiants de l’Académie Royale soient avec nous : Corelli aurait certainement impliqué ses propres étudiants, et c’était sympathique de rencontrer la nouvelle génération.

Quel éclairage cela a-t-il donné sur Corelli ?

AM : Nous savons que Corelli a écrit de la très grande musique de chambre, et qu’elle est tout à fait capable de s’élargir à la dimension symphonique. Les couleurs prennent plus d’éclat, et les cordes peuvent aller de la tempête au murmure. L’impression sonore que donne un grand nombre de gens qui jouent tous très doucement est quelque chose de stupéfiant.

FW : L’écriture de Corelli est relativement simple, et en fait elle s’adapte très bien à un grand orchestre. Une musique plus contrapuntique comme celle de Bach deviendrait confuse ; mais la musique de Corelli fonctionnait magnifiquement, même à l’Albert Hall, qui n’est pourtant pas vraiment conçu pour notre genre de musique.

AM : Si on nous avait demandé d’y donner un concert Corelli avec uniquement quinze musiciens, nous aurions été contraints de dire non. Nous avons eu de la chance d’avoir un directeur des Proms comme Nicholas Kenyon, qui croit vraiment à ce genre de musique, et qui était d’accord pour prendre le risque.

D’après votre programmation, Mozart est à l’honneur. Jouez-vous sa musique avec des instruments baroques ou avec des instruments classiques ?

AM : Je soupçonne qu’on a souvent utilisé des instruments trop récents pour la musique que nous jouons. On a eu tendance à penser que les gens avaient toujours les instruments les plus modernes pour leur époque. Dans un endroit comme Salzbourg les gens ne s’étaient sans doute pas adaptés aussi vite, ce qui fait que nous utilisons des instruments baroques pour les concertos de violon de Mozart, par exemple, et pour des œuvres de Händel et de C. P. E. Bach qui remontent aux années 1770.

Pour les arrangements que Mozart a faits de l’Alexander’s Feast de Händel, nous utilisons des instruments classiques. A cette époque, Mozart est allé à Vienne et à Paris où les musiciens utilisaient probablement des instruments plus récents. Il intègre alors des clarinettes dans ses arrangements ; nous serons donc dans une configuration classique.

FW : Lorsque Mozart a arrangé sa version de l’œuvre de Händel il essayait de la moderniser autant que possible, ce qui fait que les nouveaux instruments sont appropriés. C’est fascinant de voir Händel à travers les yeux d’un autre grand compositeur.

AM : Les changements sont très subtils. Il est symptomatique qu’il n’ait modifié ni la partie de premier violon ni celles des basses, et qu’il n’ait touché qu’aux voix intermédiaires pour les mettre au goût du jour. Il ne supprime aucune note de Händel, et pourtant le résultat est très mozartien. Le son classique des instruments à vent, avec les cors et les clarinettes, nous entraîne vraiment dans l’univers sonore de Mozart. Nos chanteurs chantent en allemand, ce qui crée aussi une atmosphère différente. Sauf pour l’opéra et pour la musique d’église, les gens chantaient en général dans la langue du public. Je suis sûr que Händel aurait adoré donner Alexander’s Feast en allemand.

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