Ce n’est pas que leur musique soit moins intéressante, moins intense ou moins attrayante : il se trouve, tout simplement que cette génération a été éclipsée par le génial Händel qui en dominant cette époque a occulté les autres musiques. Dans ce numéro, nous avons voulu sortir de l’oubli l’un des grands compositeurs anglais du XVIIIe siècle, William Boyce, qui est l’un des musiciens les plus représentatifs de cette époque-là. Comme le dit Pierre Dubois dans l’excellent essai qui présente ce compositeur "apprécié de manière unanime pendant sa vie pour ses qualités de musicien et d’homme", Boyce "incarne d’une certaine façon les aspirations de l’Angleterre du XVIIIe siècle : un équilibre subtil entre modération, courtoisie, élégance et vitalité qui semble s’être manifesté aussi bien dans sa musique que dans sa vie quotidienne".
Puisque nous parlons d’estime, le personnage de Gustav Leonhardt est sans doute l’un de ceux qui ont été le plus aimés et admirés ces dernières années. Il y a longtemps que nous souhaitions publier dans notre revue un entretien avec ce génial maestro, interprète et directeur, l’un des musiciens les plus respectés et qui a le plus contribué à la diffusion et à la vulgarisation du répertoire historique, qui, dans son cas, a été particulièrement marqué par Jean Sébastien Bach. Gustav Leonhardt et Brian Robins ont mené une conversation agréable et intime mais aussi sincère et profonde au cours de laquelle Leonhardt montre la vitalité et fait preuve de l’ouverture d’esprit qui l’ont toujours caractérisé.
Comme nos lecteurs le savent bien, dans cette année Mozart, nous réservons un espace dans chaque numéro à l’évocation de sa vie et de son œuvre pour rendre hommage à son génie. À cette occasion, _ak Ozmo s’attarde sur le Requiem, l’œuvre qui a éveillé le plus de polémiques chez les amateurs. Comme le montre Ozmo, "le mythe du Requiem a enflammé l’imagination de ses auditeurs et alimenté le débat des spécialistes pendant deux siècles ". On continuera certainement à écrire encore longtemps sur ce sujet car de nouvelles recherches ajoutent chaque jour des détails à une fresque historique qui est probablement inachevée.
Notre regard sur le Moyen Âge se porte, dans ce numéro, sur deux sujets originaux : Maricarmen Gómez nous initie à un passionnant voyage européen dans les écoles de ménestrels et Nigel Wilkins nous dévoile les secrets musicaux d’une peinture magistrale : La Fête de la Guilde des Archers du Maître de Francfort.