Plus récemment la maturité d’écriture et la structure solide du Gaude Gloriosa a fait conclure qu’il était plus tardif, contemporain peut-être du court règne de la reine Marie. Au fil des ans il a connu plusieurs interprétations remarquables, en particulier celle de La Chapelle du Roi d’Allastair Dixon (Signum) et celle d’Andrew Parrot avec le Taverner Consort and Choir (EMI), mais ce nouvel enregistrement, merveilleusement chanté à pleine voix et vigoureusement projeté, peut soutenir la comparaison avec n’importe quel autre.
Dans un style monumental semblable, le Suscipe quaeso Domine, extrait des Cantiones Sacrae publiées en 1575, est inhabituel par le fort accent que met Tallis sur l’aspect sombrement pénitent du texte, le mot “peccavi” (j’ai péché) chanté à l’unisson introduisant une tension dramatique saisissante.
Imprégnée du même sentiment de sombre pénitence, l’écriture dissonante du relativement célèbre Absterge Domine appartenant au même recueil exprime une douloureuse angoisse. À l’autre extrémité de la palette des sentiments, le répons Loquebantur variis linguis résonne de joyeux Alléluias, tandis que l’innocente homophonie et l’aimable harmonie du petit hymne O nata lux offre un contraste frappant.
Avec leur belle justesse et leur bel équilibre, les interprétations maintiennent d’un bout à l’autre le haut niveau auquel Cardinall’s Musik nous a habitués dans sa série d’enregistrements de Byrd, et elles ont elles aussi la chance de bénéficier de la merveilleuse acoustique de la Fitzalan Chapel d’Arundel Castle. Largement 5 étoiles, sans hésitation.
BRIAN ROBINS
Gaude Gloriosa
THOMAS TALLIS
Andrew Carwood
The Cardinall's Musick
Hyperion CDA67548
2005 - 69:15 min.