Une partie de cette musique, explique-t-il, a probablement été conçue pour un autre instrument ; les mouvements tumultueux du début et de la fin du Concerto en ré mineur en particulier ne sont “pas du tout caractéristiques des compositions pour flûte, et vont à l’encontre de toutes les idées préconçues sur la fragilité et la délicatesse de l’instrument”. Dans son jeu, Kossenko se montre parfaitement capable de projeter la puissance théâtrale et la virtuosité technique que demandent ces mouvements ; mais il sait aussi exprimer cette exquise “ fragilité et délicatesse ” lorsqu’il le faut.
Dans les notes, Kossenko souligne les contrastes expressifs entre les mouvements des trois concertos, et voit en chacun d’eux une unité interne dans les affects. Ses interprétations telles qu’on les entend, en revanche, donnent une image plus variée et plus subtile ; les mouvements les plus houleux ont leurs moments d’élégance raffinée et de calme.
L’orchestre (cordes et continuo de clavecin) est tout aussi réactif et sensible. Il produit de belles sonorités rondes jusque dans les passages les plus furieusement agités, mais aussi dans les moments d’exquise fragilité, sans mettre en cause la profondeur expressive et la vitalité dramatique de la musique. J’espère bien que cette série va se poursuivre. Fortement recommandé. URI GOLOMB
Concerti a flauto traverso obligato - I
CARL PHILIPP EMANUEL BACH
Alexi Kossenko
Arte dei Suonatori
Alpha 093
2005 - 70:19 min.